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Gremlins

Un film de Joe Dante

Etats-Unis - 1984 - 1h45 - VO - couleur
Avec Zach Galligan, Phoebe Cates...

Il se tournait, dans les années 80, des comédies fantastiques familiales. Les goonies, L’aventure intérieure, Le secret de la pyramide, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, Retour vers le futur... Spielberg était dans les coulisses de toutes ces productions, et ce fut lui – juste après le succès planétaire d’ET. – qui confia la réalisation de Gremlins à Joe Dante, réalisateur de série B peu connu à l’époque. Dante se lança dans l’écriture d’une fable pour adultes qui n’ont jamais quitté l’enfance : Roland, un piètre inventeur, offre pour Noël un Mogwaï à son fils (Billy, lui-même un grand adolescent). Mais s’occuper d’un Mogwaï entraîne l’observance de trois règles : ne pas l’exposer à la lumière, lui éviter tout contact avec l’eau et ne jamais le nourrir après minuit. Il ne faut pas attendre longtemps pour que les règles soient transgressées et que s’active le maléfice qu’annonce souvent le chiffre trois. Au contact de l’eau, d’autres Mogwaï apparaissent et, nourris après minuit, ils mutent en Gremlins, créatures visqueuses et dentues qui sèment l’anarchie et transforment Noël en deuxième Halloween. Pourquoi ? Parce que derrière le décor enneigé de la paisible ville de Kingstone Falls se cache la xénophobie et le capitalisme agressif. Le père Noël est trucidé, les pains d’épices bâfrés, les cantiques massacrés. Les créatures de Dante, qui ne sont que pulsions à la manière de toons, dévorent, cassent, ricanent, dérèglent les feux de signalisation, se balancent sur les antennes de télé, coupent les lignes téléphoniques... et sont surtout une occasion cinématographique jubilatoire !
 
A la menace gremlins, certains ne résisteront pas. D’autres s’engageront dans une lutte féroce qui les fera grandir. Car l’invasion n’aura pas servi à rien : les gremlins, sorte de « tamis », auront empêché les lâches, les égoïstes, les inhumains de continuer avec leurs valeurs indécentes.
 
Le premier scénario faisait la part belle à ce rôle terroriste et salvateur des petits monstres. Mais Spielberg, qui ne pouvait pas n’être que du côté des affreux, imposa davantage de scènes avec l’adorable Gizmo – ce que la créature paya, dans la scène où elle est la cible d’une partie de fléchettes gremlins ! Mais en donnant de l’importance à sa petite mascotte poilue, en la dotant d’un sentiment de culpabilité propice aux bonnes résolutions des fêtes de fin d’année, Spielberg ne rassura pas les familles comme il l’entendait. Bien au contraire ! Car tout peluche et tout siffleur qu’il soit, le Mogwaï inspire la peur inavouable qu’inspirent les bébés à leurs parents. Il a beau émettre de petits babillages, écarquiller ses grands yeux, être fasciné par la télé et ramper comme s’il ne pouvait pas encore se mettre debout, mieux vaut, avec lui, respecter certaines règles, sinon...
 
Rochelle Fack


 

Dates et lieux de passages

Ce film est disponible pour des séances scolaires.

Programmation de l’année 2010/2011
 
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